Retour d’expérience après le webinar avec Pierre Gincheleau (Yousign) et Maxime DOKI-THONON (RocketLinks) sans oublier Thibaud d’Abondance !

Entre la guerre des LLM (Large Language Models), l’évolution des algorithmes de Google et les nouvelles stratégies d’acquisition, voici les pépites et les enseignements qu’il fallait retenir de cet échange riche en retours d’expérience.
1. Google domine toujours, ChatGPT se stabilise
Avant de parler stratégie, il est crucial de regarder les chiffres pour comprendre où se trouvent réellement les utilisateurs.
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L’impact de la Google Core Update : La mise à jour de mars 2026 s’est achevée le 8 avril. Contrairement aux craintes habituelles, les retours terrain montrent des effets plutôt positifs pour les stratégies « white hat », avec des gains de positions dans le top 3 sur des requêtes complexes comme la carte grise.
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Le trafic de ChatGPT marque le pas : Le trafic de ChatGPT s’établit à environ 6 milliards de visites mensuelles. Contrairement à la courbe exponentielle attendue, on observe plutôt un plateau, voire une légère baisse de son trafic.
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Google reste le roi incontesté : Le moteur de recherche culmine à plus de 75 milliards de visites par mois, soit 15 fois plus que ChatGPT. Le trafic de Google reste stable, avec même une légère tendance à la croissance.
2. La guerre des LLM : Un paysage fragmenté
Plutôt que d’attendre un vainqueur unique, les intervenants s’accordent à dire que le marché va se segmenter en fonction des usages :
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L’avantage de Google en B2C : Google est pressenti pour remporter la bataille du B2C, notamment parce qu’il possède les plus grandes ressources financières. Gemini se positionne d’ailleurs comme la deuxième IA du marché , portée par l’écosystème Android qui représente 65% des parts de marché sur mobile.
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La domination de Claude en B2B : Claude est en train de tirer son épingle du jeu sur les secteurs du B2B, notamment grâce à son excellence sur le code et la cybersécurité.
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La carte de la souveraineté pour Mistral : Mistral se démarque sur le marché professionnel en misant sur l’aspect de la souveraineté.
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Le défi de ChatGPT : Bien qu’il bénéficie de la prime du premier arrivé , ChatGPT pourrait se retrouver en difficulté face à Google qui n’a pas encore activé toutes ses fonctionnalités.
3. GEO = SEO : Les fondamentaux restent les mêmes
La grande question était de savoir s’il fallait diviser ses budgets entre SEO et GEO. La réponse des experts est sans appel : en travaillant votre présence dans les LLM, vous faites en réalité du SEO.
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Les bases techniques sont très proches de celles de Google et ne nécessitent pas d’adaptation majeure selon les IA.
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Une stratégie moderne se compose globalement de 90 % d’actions SEO classiques et de quelques actions chirurgicales spécifiques au GEO.
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Les pages informationnelles, même si elles perdent un peu de trafic direct, restent primordiales pour alimenter la puissance des « landing pages » transactionnelles et générer des mentions de marque.
4. Les 3 concepts algorithmiques (Les pépites du GEO)
Pour vraiment performer dans les réponses générées par l’IA, il faut comprendre comment ces modèles sélectionnent leurs sources. Trois acronymes scientifiques sont à retenir :
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MMR (Maximal Marginal Relevance) : Les LLM cherchent à fournir des réponses variées. Pour être cité, il faut que votre marque soit mentionnée dans des articles abordant le sujet sous des angles différents. Si toutes vos mentions se ressemblent, vous ne serez comptabilisé qu’une seule fois.
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RRF (Reciprocal Rank Fusion) : Cet algorithme favorise les sites qui se positionnent régulièrement dans le top 5 sur plusieurs requêtes croisées, plutôt que ceux qui sont premiers sur une seule requête isolée. Avoir des mentions sur des sites d’autorité est donc crucial.
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STS (Strategic Text Snippets) : Il s’agit d’intégrer dans ses contenus des formulations spécifiques, rédigées de manière neutre (et non promotionnelle), pour inciter le LLM à reprendre l’information telle quelle dans sa réponse.
5. La Checklist Actionnable pour optimiser son GEO
Pour mettre tout cela en pratique, voici les recommandations concrètes issues du terrain :
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Viser l’effet « Bigfoot » : Maximisez votre surface de présence sur le web en obtenant des sources sur des plateformes de confiance comme Reddit, YouTube et Wikipédia.
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Auditer ses données structurées : Faites un point précis sur vos données JSON-LD, en particulier pour renforcer votre EAT (Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness) si vous avez des auteurs connus.
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Travailler la sémantique : Les cocons sémantiques et les guides exhaustifs qui couvrent un maximum de requêtes fonctionnent magnifiquement bien en SEO comme en GEO.
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Monitorer et analyser (« Cruncher » la data) : Surveillez une dizaine de prompts, analysez les sources utilisées par les LLM, leur poids SEO, et décelez les opportunités non exploitées par vos concurrents.
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Miser sur YouTube : La vidéo demande des efforts importants, mais c’est un format extrêmement qualitatif, difficile à spammer, et massivement utilisé comme source par les IA.
6. Ne négligez pas l’Autorité et le Local
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Le SEO Local est roi : Les requêtes locales dans les LLM s’appuient fortement sur les fiches Google Business Profile, qui restent impératives. Il faut également être présent sur les agrégateurs et annuaires locaux (Yelp, Pages Jaunes, Chambres de commerce).
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L’importance de l’Auteur : Avoir un auteur bien identifié et reconnu donne de la crédibilité. C’est un grand « oui », même si cela doit être construit intelligemment avec des relais et des sources externes qui citent cet auteur.
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L’avantage de la langue anglaise : L’anglais offre un avantage certain sur les IA. Sans pour autant traduire tout votre site, obtenir des mentions et publier des sources dans d’autres langues est une stratégie extrêmement puissante, particulièrement dans le secteur du tourisme.
7. Le défi de la mesure du ROI
C’est aujourd’hui le grand point noir du GEO : tracker les visites et le chiffre d’affaires issus des LLM est très complexe.
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L’acte d’achat n’est pas toujours immédiat et peut prendre plusieurs jours.
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Les restrictions liées au RGPD empêchent souvent les outils classiques (comme Google Analytics) de suivre correctement ces utilisateurs.
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La solution ? Il faut se tourner vers l’analyse des logs serveur pour observer le passage des LLM , ou analyser les corrélations entre les apparitions sur ChatGPT et l’augmentation globale des requêtes « marque ».
En conclusion, le GEO n’est pas une discipline qui vient remplacer le SEO, mais bien une évolution naturelle de celui-ci. Le bon sens, la qualité sémantique et la technique restent les maîtres mots pour naviguer dans cette nouvelle ère de la recherche.