Une implémentation GTM server side touche plusieurs équipes à la fois. Elle concerne l’hébergement, les droits d’accès, le consentement et les coûts.
Cet article vous guide pas à pas, de la préparation de Google Cloud jusqu’au passage en production.
Prérequis, architecture et choix d’hébergement
Le conteneur Web collecte les interactions dans le navigateur. Il les transmet par requêtes HTTP à un conteneur serveur. Ce dernier les distribue vers les plateformes de mesure et de publicité.
Le déploiement sur Cloud Run exige quatre éléments. Il faut un compte Google Cloud Platform et un compte de facturation. Il faut aussi les rôles Project Creator et Billing Account User. La DSI doit enfin prévoir les accès administrateur à Google Tag Manager.
Le provisionnement automatique crée à la fois un projet Google Cloud et un service Cloud Run. Il convient aux tests et aux premiers déploiements. Le provisionnement manuel, lui, permet de réutiliser un projet existant ou une infrastructure déjà contrôlée par l’entreprise.
L’URL Cloud Run utilise d’abord un sous-domaine run.app. En production, un sous-domaine de première partie est préférable. Par exemple, analytics.exemple.fr renforce la durabilité des cookies. Il permet aussi d’employer des cookies HttpOnly. Le DNS doit pointer ce sous-domaine vers le service de taggage.
Pour un service avec 1 vCPU et 0,5 Go de mémoire, comptez environ 45 dollars par instance et par mois. Cela représente près de 40 €, selon l’estimation de Google. Deux instances peuvent absorber entre 35 et 350 requêtes par seconde.
Cloud Run facture les ressources consommées. Sont concernés le nombre d’instances, le temps d’exécution, la mémoire, la région et le mode de facturation. La région Paris est disponible.
Étapes d’implémentation
Créez d’abord un conteneur Google Tag Manager. Choisissez Server comme plateforme cible. Le serveur de taggage est ensuite provisionné dans Cloud Run. Vous pouvez le faire de manière automatique ou manuelle.
Une fois le service créé, copiez son URL. Ajoutez-la dans Administration, puis dans les paramètres du conteneur serveur. Google Tag Manager utilise alors ce service pour recevoir les requêtes.
Avec gtag.js, le paramètre server_container_url indique l’adresse du conteneur serveur. Il redirige les événements vers votre domaine de première partie :
gtag(‘config’, ‘G-XXXXXXX’, { server_container_url : ‘ }) ;
Chaque requête doit être revendiquée par un client. Le client Google Analytics est préinstallé dans le conteneur serveur. Pour une application ou un flux serveur à serveur, créez un client Measurement Protocol avec un chemin d’activation adapté.
Le mode Aperçu affiche les requêtes reçues. Il montre le client qui les revendique, les événements générés et les balises déclenchées.
Testez au minimum :
- Une page vue.
- Une interaction.
- Une conversion.
- Un refus de consentement.
Avant de passer en production
- Le conteneur serveur répond sur votre domaine de première partie.
- Le client Google Analytics reçoit les requêtes en mode Aperçu.
- Les balises se déclenchent sur les quatre tests de la liste.
- Le refus de consentement bloque bien l’envoi des données.
Consentement et conformité en France
Appliquer le consentement aux traceurs
Le passage côté serveur ne supprime pas les obligations liées aux traceurs. En France, le consentement doit être recueilli avant le dépôt ou la lecture des traceurs soumis à l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. Le choix doit être libre, spécifique, éclairé et révocable.
La mesure d’audience peut bénéficier d’une exemption. Les traceurs doivent servir strictement à la mesure du site, pour le compte exclusif de l’éditeur. Les données produisent des statistiques anonymes, sans suivi intersites, sans recoupement et sans transmission à des tiers.
Avant d’activer la collecte
- Vérifier que le consentement est recueilli avant tout dépôt ou lecture de traceur soumis à l’article 82.
- Vérifier que le choix reste libre, spécifique, éclairé et révocable.
- Limiter les traceurs de mesure au seul éditeur, sans suivi intersites ni transmission à des tiers.
Transmettre les choix au conteneur serveur
Le conteneur serveur doit disposer d’un client Google Analytics 4 capable de recevoir ces signaux. Les balises Google Ads, Conversion Linker et Google Analytics suivent alors les valeurs ad_storage et analytics_storage.
| Indicateur | Ce qu’il contrôle | Où le vérifier | Délai de réaction |
|---|---|---|---|
| Requêtes reçues | La collecte atteint le serveur | Mode Aperçu, journaux Cloud Run | Immédiat |
| Client revendiquant | La requête utilise le bon protocole | Mode Aperçu du conteneur serveur | Immédiat |
| Événements générés | Les paramètres sont correctement interprétés | Événements du mode Aperçu | Immédiat |
| Balises déclenchées | Les règles de déclenchement fonctionnent | Onglet Balises | Immédiat |
| Conversions reçues | La destination reçoit les données attendues | Interface de la destination | Quelques heures à plusieurs jours |
| Erreurs serveur | Le service répond sans erreur technique | Cloud Monitoring et journaux | Quelques minutes |
| Coût Cloud Run | Le dimensionnement reste maîtrisé | Facturation Google Cloud | Plusieurs heures à quelques jours |
Vérifications avant la mise en production
Surveillez la disponibilité du service, le taux d’erreur, la latence, le nombre d’instances et le volume de requêtes. Le paramètre max-instances plafonne la capacité et protège contre une dérive de coût.
Une mise à jour reprend les mêmes paramètres de déploiement et crée une nouvelle révision Cloud Run. La validation passe ensuite par une session Aperçu et par l’absence de message demandant une mise à jour.
Le retour arrière s’appuie sur la version précédente du conteneur et sur la révision précédente du service Cloud Run. La procédure doit préciser qui peut rétablir la collecte, dans quel délai et avec quel contrôle des conversions.
Avant d’ouvrir le conteneur serveur, vérifiez les accès au compte Google Cloud Platform, au compte de facturation et à Google Tag Manager. Choisissez ensuite un sous-domaine de première partie, comme analytics.exemple.fr, puis testez en mode Aperçu une page vue, une interaction, une conversion et un refus de consentement. Ne passez en production qu’après avoir fixé le plafond max-instances et défini la procédure de retour arrière.